Analyse de la mortalité dans des cohortes rassemblées de travailleurs canadiens et allemands du secteur du traitement de l’uranium, sans expérience minière antérieure

Résumé de l’article paru dans le journal International Archives of Occupational and Environmental Health, septembre 2017

Auteur(s) :
Lydia B. Zablotska1, Nora Fenske2, Maria Schnelzer2, Sergey Zhivin3, Dominique Laurier4 et Michaela Kreuzer2

1 Département d’épidémiologie et de biostatistique, Université de Californie, San Francisco (Californie), États-Unis
2 Département de la radioprotection et de la santé, Bureau fédéral de radioprotection, Neuherberg, Allemagne
3 Institut national français de la santé et de la recherche médicale, INSERM, Paris, France
4 Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, IRSN, Fontenay-Aux-Roses, France

Résumé

Les risques à long terme pour la santé des expositions professionnelles associées au traitement de l’uranium ont fait l’objet d’un examen en vue de mieux comprendre les différences possibles entre les mineurs d’uranium de fond et les travailleurs des réacteurs nucléaires.

Une étude de cohorte a été réalisée pour examiner la mortalité des travailleurs de Port Hope au Canada (1950-1999) et de Wismut en Allemagne (1946-2008), employés dans la concentration, le raffinage et le traitement de l’uranium. La méthode de la régression de Poisson a été utilisée pour évaluer le lien entre les expositions cumulatives à des produits de désintégration du radon et des rayons gamma, d’une part, et les causes potentielles de mortalité associées au traitement de l’uranium.

Les cohortes rassemblées totalisaient 7 431 travailleurs (270 201 années-personnes de suivi). La moyenne des expositions aux produits de désintégration du radon était inférieure à celles des mineurs, alors que les doses de rayons gamma étaient plus élevées que chez les travailleurs des réacteurs. Une forte corrélation existait entre les deux expositions (rho pondéré = 0,81). Les risques de cancer du poumon et de maladie cardiovasculaire liés au rayonnement augmentaient chez les hommes, mais sans être statistiquement significatifs, et étaient compatibles avec les risques estimés pour les mineurs et les travailleurs des réacteurs, respectivement. Des risques plus élevés de maladies cardiovasculaires liées aux produits de désintégration du radon ont été observés pour les expositions ayant eu lieu entre 5 et 14 ans avant le diagnostic, par rapport aux expositions plus tardives et chez les travailleurs employés depuis moins de 5 ans. Les risques de cancers solides (sauf le cancer du poumon) dus au rayonnement étaient plus élevés, sans être statistiquement significatifs, chez les hommes comme chez les femmes, et aucune autre cause de mortalité n’était liée aux expositions.

Dans la plus vaste étude sur des travailleurs employés dans le secteur du traitement de l’uranium, qui examinait systématiquement le risque radiologique pour différents effets des expositions à des produits de désintégration du radon et des rayons gamma, les risques liés au rayonnement étaient compatibles avec ceux qui avaient été enregistrés pour les mineurs d’uranium et les travailleurs des réacteurs nucléaires. Il est nécessaire d’effectuer un suivi permanent et le regroupement avec d’autres cohortes de travailleurs employés dans le secteur du traitement de l’uranium pour pouvoir réaliser à l’avenir des comparaisons avec d’autres travailleurs du cycle du combustible nucléaire.

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