Analyse de la mortalité dans une cohorte commune de travailleurs canadiens et allemands du secteur du traitement de l’uranium sans expérience du travail minier

Résumé de l’article paru dans la revue International Archives of Occupational and Environmental Health :
Le 11 septembre 2017

Cette étude a été financée par la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) aux termes du contrat 87055-13-0577. La vérification et l’interprétation des données, les analyses et la rédaction de rapports ont été effectuées de manière indépendante. L’organisme de financement n’a eu aucune influence sur les résultats finaux.

Auteur(s) :
Lydia B. Zablotska, Nora Fenske, Maria Schnelzer, Sergey Zhivin, Dominique Laurier, Michaela Kreuzer

Résumé

Les risques à long terme sur la santé provenant de l’exposition professionnelle à l’uranium ont été examinés afin de mieux comprendre les différences possibles entre les mineurs de fond d’uranium et les travailleurs des réacteurs nucléaires. Une étude de cohorte a été réalisée pour examiner la mortalité des travailleurs de Port Hope au Canada (1950-1999) et de Wismut en Allemagne (1946-2008), employés dans les secteurs de la concentration, du raffinage et du traitement de l’uranium. La méthode de la régression de Poisson a été utilisée pour évaluer le lien entre les expositions cumulatives à des produits de désintégration du radon (PDR) et à des rayons gamma, d’une part, et les causes potentielles de mortalité associées au traitement de l’uranium.

La cohorte commune totalisait 7 431 travailleurs (270 201 années-personnes de suivi). La moyenne des expositions aux PDR était inférieure à celle des mineurs, alors que les doses de rayons gamma étaient plus élevées que chez les travailleurs des réacteurs. Une forte corrélation existait entre les deux expositions (rho pondéré = 0,81). Les risques de cancer du poumon et de maladie cardiovasculaire liés au rayonnement étaient accrus chez les hommes, mais sans être statistiquement significatifs, et étaient compatibles avec les risques estimés pour les mineurs et les travailleurs des réacteurs, respectivement. Des risques plus élevés de maladies cardiovasculaires liées aux PDR ont été observés pour les expositions ayant eu lieu entre 5 et 14 ans avant le diagnostic, par rapport aux expositions plus tardives et parmi les travailleurs employés moins de 5 ans. Les risques de cancers solides (sauf le cancer du poumon) dus au rayonnement étaient plus élevés, sans être statistiquement significatifs, chez les hommes comme chez les femmes, et aucune autre cause de mortalité n’était liée aux expositions.

Dans la plus vaste étude sur des travailleurs employés dans le traitement de l’uranium ayant systématiquement examiné le risque lié au rayonnement pour différents effets des expositions aux PDR et des rayons gamma, les risques estimés liés au rayonnement étaient compatibles avec les risques enregistrés pour les mineurs d’uranium et les travailleurs des réacteurs nucléaires. Il est nécessaire d’effectuer un suivi permanent et le regroupement avec d’autres cohortes de travailleurs employés dans le traitement de l’uranium pour pouvoir réaliser à l’avenir des comparaisons avec d’autres travailleurs du cycle du combustible nucléaire.

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